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Perspective de l'orthodontie

Les premières attaches étaient constituées d’une pièce de métal usinée de telle sorte que des contre-dépouilles favorables à l’accrochage ont été créées. Un autre procédé consiste à usiner séparément les plots, la base et le treillis. Les plots sont soudés sur la base sur laquelle a été soudé un treillis soudé. Ce dernier procédé est le plus coûteux, mais donne les attaches les plus performantes.

Par souci d’économie et pour concurrencer les premiers fabricants qui réalisaient des produits de qualité, les nouveaux fabricants ont utilisé la technique de moulage des attaches en une pièce (MIM). Un premier inconvénient est la perte de rétention compensable par la création de micro rétentions sur la base ou l'utilisation d'un primer, un second tient à l’utilisation d’aciers plus mous et moins riches en métaux semi-précieux.

Les fabricants de colle ont réalisé des produits toujours plus performants et faciles d’usage. Le collage par lampe à ultraviolet a réduit le temps de pose des attaches. Une nouvelle technique de collage au laser permet de coller une attache en quelques secondes. Née aux États Unis, elle n’a pas rencontré le succès escompté en Europe en raison du prix élevé du matériel et pour des raisons psychologiques. Comment expliquer aux patients que le temps de passage au fauteuil pour l’implantation des attaches est réduit sans modifier les prix du traitement !

Les fabricants de colle se sont ensuite employés à réduire le risque cariogène avec des ciments au fluor pour les bagues et des colles elles aussi composées de fluor pour les attaches.

Le mordançage à base d’acide phosphorique peut altérer l’émail si le temps de pose n’est pas respecté. Il tend à disparaître au profit de produits moins performants imposés par les normes. Le problème de la normalisation se trouve dans  l’absence progressive de confiance dans les professionnels. Il suffit qu’un professionnel ne respecte pas un mode d’emploi pour que le produit soit interdit et remplacé par un produit moins performant !

Les fabricants travaillent actuellement sur de nouvelles colles en s’inspirant de l’observation de la nature : collage en milieu sec par création de nano tubes en copiant le mécanisme qui permet aux lézards de s’accrocher au plafond ou collage en milieu humide avec des protéines telles que celles utilisées par les coquillages pour se fixer aux rochers.

L’amélioration des colles est aussi imposée par l’utilisation d’attaches de plus en plus petites pour des raisons esthétiques et pour réduire l’inflammation de la gencive ou son irritation. Des excès sont selon nous sont commis sur ce plan par certaines sociétés qui sont allées trop loin pour se différencier des autres. D’autres se sont mises à fabriquer des attaches trop petites parce qu’elles se sont vues reprocher de mettre sur le marché de trop grandes attaches !

Les attaches autoligaturantes sont controversées. S’il a été démontré qu’elles améliorent l’efficacité du traitement à son début par réduction de la friction, du temps peut-être perdu en fin de traitement. Il existe aussi un aspect économique. Des attaches autoligaturantes de qualité sont 5 fois plus coûteuses que des attaches standard. Si le temps de traitement est réduit d’un ou deux semestres, l’orthodontiste voit sa rentabilité s’effondrer. Il perd un tiers de son chiffre d’affaires tandis que ses charges augmentent fortement !

Autre point, si un traitement se déroule trop rapidement et que l’appareil est déposé trop vite, les dents ne sont pas fixées dans leurs positions définitives et ont tendance à repartir dans le mauvais sens. Pour peu que la contention soit retirée trop tôt ou que le patient ne soit pas participatif, le résultat est médiocre.

Il existe donc un aspect mercatique fort dans la mise sur le marché des attaches autoligaturantes. Les grands fabricants voyant les prix des attaches standard s’effondrer sous le poids de la concurrence asiatique ont cherché à créer des systèmes fermés pour reprendre l’avantage. Ils sont désormais concurrencés par des attaches en provenance de pays à bas coût de main-d’oeuvre dont le niveau de qualité est faible voire insuffisant par manque de précision (taille de la gorge, angles de torque, d'angulation). Le manque de précision de l'attache allonge la durée du traitement et réduit la précision de l'alignement des dents. 

Le fait qu’un praticien utilise des attaches standard ou autoligaturantes ne doit pas intervenir dans le choix d’un praticien. Ce qui compte, c’est la compétence de l’orthodontiste, le fait qu’il maîtrise sa technique et ses produits.

Je me souviens avoir visité le cabinet d’un orthodontiste qui choisissait dans sa boîte des attaches sans tenir compte de la concordance établie par le fabricant, c’est-à-dire qu’il pouvait tout à fait décider de poser une attache canine sur une prémolaire voire une petite attache d’une marque avec une grosse attache d’une autre et même une attache d’une technique avec une attache d’un autre technique ! Il n’étudiait pas ses cas sur ordinateur, mais travaillait en pur artiste avec un souci d’optimisation du traitement. Cet orthodontiste était l’un des premiers à avoir travaillé en France après s’être formé aux États-Unis alors qu’il n’existait que des techniques basiques avec des torques, des angulations à 0. Professeur éminent, très réputé, il se comportait là en pur artiste et non en technicien copiant une méthode inventée par d’autres. Les résultats de ses traitements étaient pourtant sublimes.

Les fabricants de produits d’orthodontie, de logiciels informatiques, de gouttières préformées et de traitements établis par des ordinateurs peuvent remplacer les orthodontistes pour des traitements simples. Ils ne remplaceront pas l’intelligence et la créativité des meilleurs spécialistes qui restent seuls à pouvoir imaginer le traitement d’un cas difficile. 

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